Chaque jour, un passage de l’Évangile, un récit tiré de la vie des saints, une courte leçon et une prière.
Le prophète Nahum
L’Évangile du jour · Matthieu 11, 28
Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos.
Le récit
Nahum, originaire d’Elqosh, prophétisa au septième siècle avant le Christ la chute de Ninive, capitale de l’Assyrie qui avait écrasé tant de peuples. La ville tomba en 612. Son nom signifie « consolation », et au milieu d’oracles sévères son livre affirme que le Seigneur est bon, un refuge au jour de la détresse, et qu’il connaît ceux qui se confient en lui.
La leçon
Pour un peuple écrasé, la consolation commençait par l’annonce que l’oppresseur ne serait pas éternel. Le Christ va plus loin : il appelle à lui tous ceux qui peinent sous le fardeau et promet le repos. En ce premier jour de décembre, avançons vers la Nativité en déposant auprès de lui ce qui pèse sur nous.
Christ, consolation d’Israël, donne le repos à ceux qui peinent et prépare nos cœurs à ta Nativité.
Source : Synaxaire byzantin du 1er décembre ; livre du prophète Nahum.
Saint André, apôtre, le Premier-appelé
L’Évangile du jour · Jean 1, 41
Ce fut lui qui rencontra le premier son frère Simon, et il lui dit : Nous avons trouvé le Messie (ce qui signifie Christ).
Le récit
André, frère de Simon Pierre, était disciple de Jean Baptiste. Selon l’évangile de Jean, il fut l’un des deux premiers à suivre Jésus, et il alla aussitôt dire à son frère : « Nous avons trouvé le Messie ». Il le conduisit à Jésus. La tradition le fait prêcher autour de la mer Noire et mourir crucifié à Patras, et l’Église de Constantinople le reconnaît comme son patron.
La leçon
Le premier geste d’André, après avoir rencontré Jésus, est d’aller chercher son frère. Il ne prêche pas encore aux nations, il commence par sa propre maison. La grande mission de l’Église est née de cette phrase simple dite à un proche. À qui dans notre famille pourrions-nous dire, pendant ce temps qui prépare la Nativité, ce que nous avons trouvé ?
Jésus, toi qui as appelé André le premier, appelle-nous à notre tour et rends-nous témoins de ta présence auprès des nôtres.
Source : Synaxaire byzantin du 30 novembre ; Évangile selon saint Jean 1, 35-42.
Saint Paramon et ses compagnons, martyrs
L’Évangile du jour · Matthieu 5, 12
Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux ; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous.
Le récit
Le synaxaire rapporte que, vers 250, sous l’empereur Dèce, un gouverneur de Bithynie fit exécuter un grand nombre de chrétiens qui refusaient de sacrifier. Paramon, qui passait par là, ne put se taire devant ce massacre et proclama sa foi au Christ. Il fut aussitôt arrêté et mis à mort avec eux. Le récit compte ces martyrs par centaines, chiffre que l’on ne peut vérifier.
La leçon
Paramon n’avait pas été arrêté, il aurait pu passer son chemin. Le Christ appelle heureux ceux que l’on persécute à cause de lui, et Paramon a choisi d’être compté parmi eux plutôt que de détourner les yeux. Il nous arrive aussi de passer près d’une injustice qui ne nous concerne pas directement.
Ô Christ, joie de tes martyrs, ouvre nos yeux et notre cœur devant la souffrance que nous croisons.
Source : Synaxaire byzantin du 29 novembre ; passion de saint Paramon et de ses compagnons.
Saint Étienne le Jeune, moine martyr
L’Évangile du jour · Jean 1, 18
Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître.
Le récit
Étienne le Jeune vivait en moine sur le mont Saint-Auxence, près de Chalcédoine, au huitième siècle. Sous l’empereur Constantin V, qui interdisait la vénération des icônes, il refusa de signer la condamnation des images. Sa Vie rapporte qu’il montra une pièce frappée à l’effigie de l’empereur et demanda si la piétiner offenserait le souverain. Il fut tué à Constantinople en 765.
La leçon
Personne n’a jamais vu Dieu, dit saint Jean, mais le Fils unique l’a fait connaître. C’est parce que Dieu s’est rendu visible en Jésus que nous pouvons peindre son visage, et Étienne a donné sa vie pour cette conséquence de l’Incarnation. En embrassant une icône en entrant à l’église, nous faisons un geste que des moines ont payé de leur sang.
Fils unique qui nous as fait connaître le Père, illumine nos yeux pour que nous voyions ton visage dans tes saintes icônes.
Source : Synaxaire byzantin du 28 novembre ; Vie de saint Étienne le Jeune par le diacre Étienne.
Saint Jacques le Perse, l’Intercis, martyr
L’Évangile du jour · Luc 22, 62
Et étant sorti, il pleura amèrement.
Le récit
Jacques était un haut fonctionnaire chrétien à la cour de Perse au début du cinquième siècle. Pour garder la faveur du roi, il renia sa foi. Selon sa passion, sa mère et son épouse lui écrivirent leur douleur, et cette lettre le bouleversa. Il revint au Christ, le confessa publiquement, et fut mis à mort en 421 en étant découpé membre après membre, d’où son nom d’Intercis.
La leçon
Pierre, après son reniement, sortit et pleura amèrement, et ce n’est pas la fin de son histoire. Jacques aussi a renié, et c’est une lettre de ceux qui l’aimaient qui l’a ramené. Le reniement n’a pas le dernier mot quand il reste quelqu’un pour nous rappeler qui nous sommes. Avons-nous, nous aussi, le courage d’écrire une telle lettre à un proche ?
Seigneur qui as regardé Pierre après son reniement, regarde-nous aussi avec miséricorde et ramène-nous à toi.
Source : Synaxaire byzantin du 27 novembre ; passion de saint Jacques le Perse.
Saint Alypius le Stylite
L’Évangile du jour · Luc 18, 1
Jésus leur adressa une parabole, pour montrer qu’il faut toujours prier, et ne point se relâcher.
Le récit
Alypius, né à Adrianopolis en Paphlagonie au sixième siècle, fut d’abord diacre de l’Église de sa ville. Il se retira ensuite sur une colonne, près d’une église qu’il avait fait bâtir, et y vécut dans la prière. Sa Vie affirme qu’il y demeura plus de cinquante ans. Sa mère et d’autres femmes formèrent près de lui une communauté qui priait avec lui.
La leçon
Jésus raconte la parabole de la veuve insistante pour montrer qu’il faut prier sans se décourager. La colonne d’Alypius nous paraît étrange, mais elle dit d’une manière visible ce que la parabole dit en mots : une fidélité qui dure. Une prière du matin et du soir, gardée des années durant, est notre colonne à nous.
Seigneur Jésus, apprends-nous à prier sans nous lasser.
Source : Synaxaire byzantin du 26 novembre ; Vie de saint Alypius le Stylite.
Clôture de la fête de l’Entrée · sainte Catherine d’Alexandrie, grande martyre
L’Évangile du jour · Luc 21, 15
Car je vous donnerai une bouche et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront résister ou contredire.
Le récit
La tradition rapporte que Catherine était une jeune femme noble et savante d’Alexandrie. Devant l’empereur, elle aurait discuté avec les philosophes réunis pour la réfuter, et ceux-ci auraient fini par confesser le Christ. Toujours selon ce récit, elle fut condamnée à la roue puis décapitée. Ses reliques sont vénérées au monastère du Sinaï qui porte aujourd’hui son nom.
La leçon
Le Christ promet une sagesse que les adversaires ne pourront contredire, et la mémoire de Catherine en a fait l’image. Pour l’Église, l’intelligence n’est pas une rivale de la foi : elle peut devenir un lieu de témoignage. Nos enfants qui étudient à Bruxelles, entre plusieurs langues et plusieurs cultures, ont en elle une patronne qui leur ressemble.
Seigneur, Sagesse du Père, mets sur nos lèvres une parole vraie quand il faut rendre compte de notre espérance.
Source : Synaxaire byzantin du 25 novembre ; passion de sainte Catherine d’Alexandrie.
Saints Clément, évêque de Rome, et Pierre, archevêque d’Alexandrie, martyrs
L’Évangile du jour · Matthieu 16, 18
Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle.
Le récit
Clément, évêque de Rome à la fin du premier siècle, écrivit aux chrétiens de Corinthe une lettre qui les appelait à la paix après une division ; elle est conservée. Une tradition plus tardive le dit exilé en Crimée et martyr. Pierre, archevêque d’Alexandrie, fut décapité en 311 sous Maximin, et le synaxaire le nomme le sceau des martyrs, le dernier de la grande persécution dans sa ville.
La leçon
Rome et Alexandrie, deux sièges anciens, se rejoignent aujourd’hui dans une même mémoire. Le Christ a promis que les portes du séjour des morts ne prévaudraient pas contre son Église, et ces deux évêques ont tenu, l’un par une lettre de paix, l’autre par son sang. Notre Église melkite, catholique et byzantine à la fois, vit précisément de cette communion entre traditions d’Orient et d’Occident.
Ô Christ, pierre inébranlable, affermis ton Église dans la paix et dans la fidélité de tes martyrs.
Source : Synaxaire byzantin du 24 novembre ; Lettre de saint Clément aux Corinthiens ; passion de saint Pierre d’Alexandrie.
Saint Amphiloque, évêque d’Iconium
L’Évangile du jour · Jean 17, 21
Afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.
Le récit
Amphiloque, cousin de saint Grégoire le Théologien, exerça d’abord comme avocat à Constantinople avant de se retirer dans la solitude. En 373, il devint évêque d’Iconium et entretint une longue amitié avec saint Basile, qui lui dédia son traité sur le Saint-Esprit. En 381, il prit part au concile de Constantinople, qui confessa la divinité de l’Esprit.
La leçon
Les grands textes sur la Trinité sont nés en partie de lettres entre amis qui se posaient des questions et se répondaient. Le Christ prie pour que ses disciples soient un, comme le Père et lui sont un. L’unité de l’Église passe aussi par ces amitiés patientes où l’on cherche la vérité ensemble, sans se hâter de conclure.
Fils de Dieu, qui as prié pour que nous soyons un, rassemble-nous dans la vérité et dans l’amitié de tes saints.
Source : Synaxaire byzantin du 23 novembre ; saint Basile, Traité du Saint-Esprit, dédicace à Amphiloque.
Saint Philémon, apôtre, et ses compagnons Apphia, Archippe et Onésime
L’Évangile du jour · Luc 15, 20
Et il se leva, et alla vers son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de compassion, il courut se jeter à son cou et le baisa.
Le récit
Philémon, chrétien de Colosses, recevait l’Église dans sa maison avec Apphia et Archippe. Son esclave Onésime s’était enfui, puis avait rencontré Paul en prison et reçu de lui la foi. Dans la plus courte de ses lettres, Paul le renvoie à son maître, non plus comme un esclave, mais « comme un frère bien-aimé ». Une tradition ancienne ajoute que Philémon et Apphia moururent martyrs à Colosses.
La leçon
Onésime revient vers la maison qu’il avait fuie, comme le fils prodigue revient vers son père. Dans les deux cas, celui qui attend change tout : le père court au-devant, Philémon est prié d’ouvrir les bras. Paul ne supprime pas la faute, il la prend sur lui et demande qu’on la porte à son compte. Qui, dans notre entourage, attend de nous un tel accueil ?
Père plein de miséricorde, qui cours au-devant de celui qui revient, accueille-nous et rends-nous accueillants envers nos frères.
Source : Synaxaire byzantin du 22 novembre ; Lettre de saint Paul à Philémon.
Entrée de la Mère de Dieu au Temple
L’Évangile du jour · Luc 11, 28
Et il répondit : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent !
Le récit
Le Protévangile de Jacques, écrit ancien qui n’appartient pas aux Écritures, transmet cette tradition : Joachim et Anne conduisirent au Temple leur fille Marie, âgée de trois ans, pour l’offrir à Dieu. Selon ce récit, l’enfant monta les marches sans se retourner et demeura dans le Temple. L’Église en fait l’une des douze grandes fêtes, et à partir de ce jour on chante déjà aux matines les hymnes de la Nativité.
La leçon
Quand une femme bénit le sein qui a porté Jésus, il répond : heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et la gardent. La fête d’aujourd’hui ne célèbre pas d’abord un privilège, mais une écoute qui commence dès l’enfance. Au début du jeûne de la Nativité, Marie entre au Temple pour devenir elle-même le temple où le Verbe viendra habiter.
Très sainte Mère de Dieu, temple vivant du Seigneur, intercède pour nous afin que nous gardions comme toi la parole entendue.
Source : Synaxaire byzantin du 21 novembre ; Protévangile de Jacques, chapitres 7 et 8.
Avant-fête de l’Entrée de la Mère de Dieu au Temple · saint Proclus, patriarche de Constantinople
L’Évangile du jour · Jean 1, 14
Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père.
Le récit
La tradition fait de Proclus, dans sa jeunesse, un disciple de saint Jean Chrysostome ; l’historien Socrate rapporte qu’il fut ensuite le secrétaire du patriarche Atticus. Vers 428, à Constantinople, il prononça une homélie célèbre sur la Mère de Dieu, où il la saluait comme celle en qui le Verbe s’est fait chair. Devenu patriarche, il fit ramener en 438 les reliques de Jean Chrysostome, mort en exil, dans la capitale, où elles furent accueillies avec grand honneur.
La leçon
Proclus a défendu le titre de Mère de Dieu parce qu’il y voyait la vérité de l’Incarnation : celui qu’elle a porté est vraiment Dieu fait homme. Il a aussi rendu à Jean Chrysostome l’honneur qu’on lui avait refusé de son vivant. Pour notre paroisse, qui porte le nom de Jean Chrysostome, ce disciple fidèle rappelle que la reconnaissance envers ceux qui nous ont transmis la foi fait partie de la foi elle-même.
Verbe de Dieu qui as pris chair de la Vierge, fais de nous des disciples reconnaissants envers ceux qui nous ont transmis ta parole.
Source : Synaxaire byzantin du 20 novembre ; homélie de saint Proclus sur la Mère de Dieu.
Le prophète Abdias
L’Évangile du jour · Luc 14, 11
Car quiconque s’élève sera abaissé, et quiconque s’abaisse sera élevé.
Le récit
Le livre du prophète Abdias est le plus court de l’Ancien Testament : un seul chapitre de vingt et un versets. Il annonce l’abaissement d’Édom, qui se croyait hors d’atteinte dans ses rochers et s’était réjoui du malheur de Jérusalem. Le prophète lui fait dire par Dieu que, même s’il élevait son nid parmi les étoiles, il en serait descendu. De la vie d’Abdias, nous ne savons presque rien.
La leçon
Édom tombait moins par la force de ses ennemis que par son assurance d’être intouchable. Le Christ dit la même chose avec douceur : celui qui s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé. Et le prophète de l’orgueil puni est lui-même un homme dont l’histoire n’a presque rien retenu, sinon sa parole.
Ô Christ, qui t’es abaissé jusqu’à la croix, abaisse en nous toute hauteur qui se dresse contre toi.
Source : Synaxaire byzantin du 19 novembre ; livre du prophète Abdias.
Saint Platon d’Ancyre, martyr
L’Évangile du jour · Matthieu 10, 19
Mais, quand on vous livrera, ne vous inquiétez ni de la manière dont vous parlerez ni de ce que vous direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à l’heure même.
Le récit
D’après sa passion, Platon était un jeune chrétien d’Ancyre, en Galatie, au temps des persécutions du début du quatrième siècle. Arrêté et conduit devant le gouverneur, il refusa de sacrifier aux idoles malgré les promesses puis les tortures. Le récit lui prête des réponses calmes et assurées devant ses juges. Il fut mis à mort, et son culte se répandit très tôt en Asie Mineure.
La leçon
Le Christ promet à ses disciples qu’ils n’auront pas à préparer ce qu’ils diront devant les tribunaux. Platon n’avait ni éloquence apprise ni protecteur puissant, seulement la confiance que la parole lui serait donnée. Dans nos conversations difficiles, au travail ou en famille, la même promesse tient : nous ne sommes pas seuls à chercher nos mots.
Seigneur qui as fortifié ton martyr Platon, donne-nous en temps voulu la parole juste et paisible.
Source : Synaxaire byzantin du 18 novembre ; passion de saint Platon d’Ancyre.
Saint Grégoire le Thaumaturge, évêque de Néocésarée
L’Évangile du jour · Matthieu 13, 31
Il leur proposa une autre parabole, et il dit : Le royaume des cieux est semblable à un grain de sénevé qu’un homme a pris et semé dans son champ.
Le récit
Grégoire le Thaumaturge, né à Néocésarée dans le Pont, étudia plusieurs années auprès d’Origène à Césarée de Palestine. Revenu chez lui, il fut ordonné évêque de sa ville natale vers 240. Dans la Vie qu’il lui consacra, saint Grégoire de Nysse rapporte que la ville comptait dix-sept chrétiens à son arrivée et seulement dix-sept païens à sa mort.
La leçon
Dix-sept chrétiens, c’était un grain de sénevé, et pourtant toute une ville a fini par s’abriter dans ses branches. Le Royaume ne se mesure pas au nombre de ceux qui commencent. Une petite communauté arabe à Bruxelles, fidèle à sa Divine Liturgie, porte elle aussi une promesse de croissance que nous ne voyons pas encore.
Christ notre Dieu, fais grandir en nous la petite semence de la foi jusqu’à ce qu’elle abrite beaucoup d’autres.
Source : Synaxaire byzantin du 17 novembre ; Vie de saint Grégoire le Thaumaturge par saint Grégoire de Nysse.
Saint Matthieu, apôtre et évangéliste
L’Évangile du jour · Matthieu 9, 12
Ce que Jésus ayant entendu, il dit : Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades.
Le récit
Matthieu était assis au bureau des taxes, à Capharnaüm, quand Jésus passa et lui dit : suis-moi. Il se leva et le suivit. Il offrit ensuite un repas où vinrent beaucoup de collecteurs d’impôts et de pécheurs, ce qui scandalisa les pharisiens. L’Église lui attribue le premier des quatre Évangiles.
La leçon
Le Christ répond aux pharisiens que les bien portants n’ont pas besoin de médecin, mais les malades. Matthieu n’a pas eu à devenir digne avant d’être appelé ; il a été appelé là où il était. Le repas qu’il donna fut le premier fruit de sa guérison. L’Église est d’abord la maison de ceux qui savent avoir besoin du médecin.
Ô Christ, médecin des âmes et des corps, guéris-nous et fais de nous tes convives.
Source : Synaxaire byzantin du 16 novembre ; Matthieu 9, 9-13 ; tradition de l’Église sur l’auteur du premier Évangile.
Début du jeûne de la Nativité · saints Gourias, Samonas et Abibos, martyrs d’Édesse
L’Évangile du jour · Matthieu 6, 17-18
Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.
Le récit
Gourias et Samonas, chrétiens d’Édesse, furent arrêtés sous Dioclétien et mis à mort après avoir refusé de sacrifier. Quelques années plus tard, sous Licinius, le diacre Abibos se livra lui-même aux persécuteurs pour épargner les fidèles qu’on recherchait à cause de lui. Les chrétiens d’Édesse l’ensevelirent auprès de Gourias et Samonas, et l’Église les fête ensemble.
La leçon
Aujourd’hui commence le jeûne de la Nativité, quarante jours de préparation avant Noël. Le Christ demande que notre jeûne reste discret, connu du Père qui voit dans le secret. Abibos a donné sa vie sans bruit pour protéger les autres, et c’est l’esprit de ce jeûne : se priver pour faire place. Cette semaine, choisissons une privation simple et offrons-en le fruit à quelqu’un dans le besoin.
Seigneur qui viens naître parmi nous, purifie nos cœurs pendant ce jeûne afin que nous t’accueillions dans la grotte de Bethléem.
Source : Synaxaire byzantin du 15 novembre ; Actes syriaques des martyrs d’Édesse ; Typikon pour le début du jeûne de la Nativité.
Saint Philippe, apôtre, de Bethsaïde
L’Évangile du jour · Jean 14, 8-9
Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père ; comment dis-tu : Montre-nous le Père ?
Le récit
Philippe était de Bethsaïde, la ville d’André et de Pierre. Jésus l’appela en lui disant : suis-moi, et Philippe alla aussitôt chercher Nathanaël pour lui dire : « Nous avons trouvé celui dont Moïse a écrit ». Au soir de la Cène, il demanda à Jésus de leur montrer le Père. La tradition rapporte qu’il annonça l’Évangile en Asie Mineure et mourut à Hiérapolis.
La leçon
Philippe demande à voir le Père, et Jésus lui répond que celui qui l’a vu a vu le Père. Après tant de temps passé avec lui, l’apôtre cherchait encore ailleurs ce qui était devant ses yeux. Sa question honnête a reçu l’une des plus grandes réponses de l’Évangile. Quelle question n’avons-nous jamais osé poser au Seigneur ?
Seigneur Jésus, image du Père, montre-nous ton visage dans ceux que tu places sur notre route.
Source : Synaxaire byzantin du 14 novembre ; Jean 1, 43-46 et 14, 8-9 ; tradition sur l’apostolat de saint Philippe.
Saint Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople, patron de notre paroisse
L’Évangile du jour · Jean 21, 17
Il lui dit pour la troisième fois : Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? Pierre fut attristé de ce qu’il lui avait dit pour la troisième fois : M’aimes-tu ? Et il lui répondit : Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit : Pais mes brebis.
Le récit
Jean naquit à Antioche vers 349 et y prêcha pendant douze ans comme prêtre, avec une telle force qu’on le surnomma plus tard Chrysostome, « bouche d’or ». Devenu archevêque de Constantinople en 398, il réduisit les dépenses de sa maison pour fonder des hôpitaux et nourrir les pauvres. Ses critiques contre le luxe des puissants lui valurent l’exil, où il mourut en 407. En 438, ses reliques furent ramenées solennellement dans la capitale.
La leçon
Trois fois le Christ demande à Pierre s’il l’aime, et trois fois il lui confie : pais mes brebis. Jean a compris que nourrir le troupeau voulait dire à la fois prêcher la parole et ouvrir des hôpitaux. Chaque dimanche, nous célébrons la Divine Liturgie qui porte son nom, et ses paroles sont encore sur nos lèvres. En ce jour de fête, notre paroisse reçoit de lui la même charge : aimer le Christ en prenant soin les uns des autres.
Christ notre Dieu, par les prières de saint Jean Chrysostome, nourris ton troupeau de ta parole et de ton Corps.
Source : Synaxaire byzantin du 13 novembre ; Palladius, Dialogue sur la vie de saint Jean Chrysostome ; Socrate, Histoire ecclésiastique, livres VI et VII.
Saint Jean le Miséricordieux, patriarche d’Alexandrie
L’Évangile du jour · Luc 6, 36
Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux.
Le récit
Jean, originaire de Chypre, devint patriarche d’Alexandrie vers 610. Sa Vie, écrite par Léonce de Néapolis, raconte qu’à son arrivée il fit dresser la liste de ses « maîtres », c’est-à-dire des pauvres de la ville, et qu’on en compta plusieurs milliers. Il les fit nourrir chaque jour. Quand les Perses envahirent la Palestine, il accueillit les réfugiés et envoya des secours à Jérusalem.
La leçon
Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux, dit le Christ. Jean a pris cette parole au pied de la lettre en commençant par compter les pauvres, un par un. La miséricorde commence quand les pauvres cessent d’être une foule anonyme. Apprenons le nom d’une personne que nous croisons sans la voir.
Ô Christ ami des hommes, forme en nous un cœur miséricordieux comme celui de ton Père.
Source : Synaxaire byzantin du 12 novembre ; Vie de saint Jean le Miséricordieux par Léonce de Néapolis.
Saint Ménas d’Égypte, soldat martyr
L’Évangile du jour · Jean 14, 6
Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.
Le récit
La tradition rapporte que Ménas, soldat égyptien, quitta l’armée au temps de Dioclétien plutôt que de sacrifier aux idoles, puis confessa publiquement le Christ et fut décapité. Son corps aurait été ramené en Égypte, au sud-ouest d’Alexandrie. Là s’éleva le sanctuaire d’Abou Mena, grand pèlerinage dont les fouilles ont retrouvé les basiliques. Les petites ampoules des pèlerins, marquées de son image, ont été découvertes dans tout le monde méditerranéen.
La leçon
Jésus se présente comme le chemin, la vérité et la vie. Ménas a quitté un chemin tracé d’avance pour suivre celui-là, et des milliers de pèlerins ont ensuite marché vers son tombeau. Un pèlerinage n’a de sens que s’il mène au Christ lui-même. Les routes des saints convergent toutes vers lui.
Christ notre Dieu, toi le chemin, conduis nos pas vers le Père par l’intercession de ton martyr Ménas.
Source : Synaxaire byzantin du 11 novembre ; passion de saint Ménas ; fouilles d’Abou Mena.
Saints Éraste, Olympas et Hérodion, apôtres des soixante-dix
L’Évangile du jour · Jean 13, 35
À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres.
Le récit
À la fin de l’épître aux Romains, Paul salue une longue liste de frères et de sœurs. Hérodion y est appelé son parent, Olympas est salué avec les saints qui sont avec lui, et Éraste est nommé trésorier de la ville de Corinthe. La tradition byzantine les compte parmi les soixante-dix disciples et fait d’eux des évêques de diverses Églises.
La leçon
À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, dit le Christ : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres. Les salutations de Paul montrent une Église faite de noms, de maisons et de liens concrets. Un trésorier de ville et un parent de l’apôtre y ont la même place. La communion se reconnaît d’abord au soin avec lequel nous gardons le nom les uns des autres.
Seigneur, enseigne-nous à nous aimer de telle sorte que le monde reconnaisse en nous tes disciples.
Source : Synaxaire byzantin du 10 novembre ; Romains 16, 11-23 ; tradition sur les soixante-dix apôtres.
Saints Onésiphore et Porphyre, martyrs
L’Évangile du jour · Matthieu 25, 36
J’étais nu, et vous m’avez vêtu ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi.
Le récit
Dans la deuxième lettre à Timothée, Paul, prisonnier à Rome, écrit qu’Onésiphore l’a souvent réconforté et n’a pas eu honte de ses chaînes. Arrivé à Rome, il l’a cherché avec empressement jusqu’à le trouver. La tradition ajoute qu’Onésiphore mourut martyr avec Porphyre, sur les bords de l’Hellespont.
La leçon
J’étais en prison et vous êtes venus à moi, dit le Christ. Onésiphore n’a pas attendu que Paul le fasse appeler : il l’a cherché dans une ville immense. Visiter, c’est parfois chercher longtemps celui qui n’ose plus rien demander. Pensons aujourd’hui à une personne isolée et allons vers elle.
Ô Christ qui fus enchaîné pour nous, visite par nos mains les prisonniers et les oubliés.
Source : Synaxaire byzantin du 9 novembre ; 2 Timothée 1, 16-17 ; tradition sur le martyre de saint Onésiphore et de saint Porphyre.
Synaxe des archanges Michel et Gabriel et de toutes les puissances célestes
L’Évangile du jour · Matthieu 18, 10
Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits ; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux.
Le récit
Dans l’Évangile, c’est l’archange Gabriel qui est envoyé à Nazareth pour annoncer à Marie qu’elle concevra le Fils du Très-Haut. Il avait annoncé auparavant à Zacharie la naissance de Jean. Michel apparaît dans le livre de Daniel, dans l’épître de Jude et dans l’Apocalypse comme celui qui combat pour le peuple de Dieu. L’Église honore aujourd’hui ensemble les archanges Michel et Gabriel et toutes les puissances célestes.
La leçon
Le Christ dit que les anges des plus petits voient sans cesse la face du Père. Ceux que le monde oublie ne sont donc jamais hors du regard de Dieu. Gabriel a porté une nouvelle à une jeune fille d’un village obscur, et Michel veille sur un peuple sans puissance. Mépriser un petit, c’est oublier qui veille sur lui.
Seigneur des puissances célestes, envoie tes anges veiller sur nos enfants et sur tous les petits.
Source : Synaxaire byzantin du 8 novembre ; Luc 1, 11-38 ; Daniel 12, 1 ; Jude 9 ; Apocalypse 12, 7.
Saint Lazare le Stylite, du mont Galèsion
L’Évangile du jour · Marc 1, 35
Vers le matin, pendant qu’il faisait encore très sombre, il se leva, et sortit pour aller dans un lieu désert, où il pria.
Le récit
La tradition rapporte que Lazare, après un long pèlerinage jusqu’à Jérusalem, s’établit au onzième siècle sur le mont Galèsion, près d’Éphèse. Sa Vie, écrite par son disciple Grégoire, le montre vivant sur une colonne, dans la prière et l’austérité. Autour de lui se formèrent peu à peu des monastères. Il mourut en 1053, entouré de ceux qui étaient venus prier près de lui.
La leçon
Saint Marc montre Jésus se levant avant l’aube pour prier dans un lieu désert. Lazare a fait de ce lieu désert sa demeure, et d’autres sont venus y chercher Dieu avec lui. La solitude priante n’éloigne pas des autres ; elle finit souvent par les rassembler. Où se trouve, dans nos journées, notre lieu désert ?
Ô Christ qui priais avant l’aube, attire-nous dans le silence où tu nous attends.
Source : Synaxaire byzantin du 7 novembre ; Vie de saint Lazare du Galèsion par le moine Grégoire.
Saint Paul le Confesseur, patriarche de Constantinople
L’Évangile du jour · Jean 14, 27
Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble point, et ne s’alarme point.
Le récit
Paul devint évêque de Constantinople vers 337, au moment où les partisans d’Arius contestaient la foi de Nicée. Il fut chassé de son siège à plusieurs reprises, rappelé, puis chassé encore. Les historiens Socrate et Sozomène rapportent qu’il fut finalement exilé à Cucuse, en Arménie, où il mourut vers 350, probablement étranglé par ses gardiens.
La leçon
Le Christ promet une paix que le monde ne donne pas, et Paul l’a gardée à travers les exils et les retours. Sa vie n’a jamais été tranquille, pourtant elle n’a pas perdu son centre. La paix du Christ ne dépend ni du lieu ni de l’issue. Elle demeure là où la foi reste entière.
Seigneur, accorde-nous ta paix au milieu des tempêtes et garde intacte la foi des Pères de Nicée.
Source : Synaxaire byzantin du 6 novembre ; Socrate, Histoire ecclésiastique, livre II ; Sozomène, Histoire ecclésiastique, livre IV.
Saints Galaction et Épistème, martyrs d’Émèse
L’Évangile du jour · Matthieu 19, 6
Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint.
Le récit
De Galaction et Épistème, nous savons surtout ce que la tradition d’Émèse, l’actuelle Homs, a conservé. Elle raconte que Galaction, fils de parents devenus chrétiens, épousa Épistème et la conduisit au baptême. D’un commun accord, ils embrassèrent ensuite la vie monastique. Arrêtés pendant une persécution, ils confessèrent le Christ ensemble et moururent le même jour.
La leçon
Ce que Dieu a uni, dit le Christ, que l’homme ne le sépare pas. Galaction et Épistème ont fait de leur lien un chemin commun vers Dieu, jusque dans leurs choix les plus graves. Leur mariage fut une marche dans la même direction plutôt qu’un repli à deux. Un couple qui prie ensemble apprend à décider ensemble.
Seigneur, bénis nos foyers et fais de chaque alliance un chemin vers ton royaume.
Source : Synaxaire byzantin du 5 novembre ; passion des saints Galaction et Épistème.
Saint Joannice le Grand, moine du mont Olympe
L’Évangile du jour · Matthieu 6, 24
Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon.
Le récit
Joannice, né en Bithynie vers 754, servit de longues années dans l’armée impériale. Sa Vie rapporte qu’il partagea d’abord les idées des iconoclastes, puis revint à la vénération des icônes. Vers quarante ans, il quitta l’armée pour la vie monastique sur le mont Olympe de Bithynie. Il y vécut jusqu’à un âge avancé, consulté par beaucoup et fidèle aux saintes icônes.
La leçon
Nul ne peut servir deux maîtres, dit le Christ, et Joannice a connu ce partage avant de choisir. Son changement n’a pas effacé ses années de soldat ; il leur a donné un terme et un sens nouveau. Il n’est jamais trop tard pour savoir qui nous servons. Laissons au Seigneur la première place dans nos décisions d’aujourd’hui.
Christ notre Dieu, unifie notre cœur partagé afin qu’il ne serve que toi.
Source : Synaxaire byzantin du 4 novembre ; Vie de saint Joannice par le moine Pierre.
Saints Acepsimas l’évêque, Joseph le prêtre et Aïthalas le diacre, martyrs de Perse
L’Évangile du jour · Luc 22, 32
Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point ; et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères.
Le récit
Les Actes syriaques des martyrs de Perse racontent l’arrestation de l’évêque Acepsimas, alors très âgé, avec le prêtre Joseph et le diacre Aïthalas, sous Shapur II. Ils restèrent longtemps en prison, interrogés et battus, sans renier le Christ. Acepsimas mourut sous les coups ; Joseph et Aïthalas furent conduits plus tard à la mort.
La leçon
Jésus dit à Pierre qu’il a prié pour que sa foi ne défaille pas, et lui confie d’affermir ses frères. Dans la prison de Perse, le vieil évêque, le prêtre et le diacre se sont soutenus l’un l’autre. Aucun d’eux ne portait seul le poids de la fidélité. Qui, autour de nous, tient debout parce que nous prions pour lui ?
Seigneur qui as prié pour Pierre, relève par notre prière ceux dont la foi chancelle.
Source : Synaxaire byzantin du 3 novembre ; Actes syriaques des martyrs de Perse.
Commémoration des fidèles défunts · saint Acindyne et ses compagnons, martyrs
L’Évangile du jour · Jean 6, 40
La volonté de mon Père, c’est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et je le ressusciterai au dernier jour.
Le récit
Le 2 novembre, l’Église latine fait mémoire de tous les fidèles défunts, et en Belgique les familles se rendent sur les tombes de leurs proches en ces deux jours. L’Église byzantine prie pour ses défunts surtout aux samedis des âmes, avant le Grand Carême et avant la Pentecôte, et elle les nomme à chaque Divine Liturgie. Notre synaxaire fait aussi mémoire aujourd’hui d’Acindyne et de ses compagnons, martyrs de Perse au quatrième siècle.
La leçon
Le Christ promet à celui qui croit en lui la vie éternelle et la résurrection au dernier jour. Prier pour nos défunts n’est pas seulement un souvenir : c’est un acte de foi en cette promesse, et c’est pourquoi l’Église chante pour eux : « Mémoire éternelle ». Chaque famille peut confier au prêtre le nom de ses défunts, pour qu’ils soient nommés à la Divine Liturgie.
Ô Christ, donne le repos à tes serviteurs endormis, dans un lieu de lumière, où il n’y a ni douleur, ni tristesse, ni gémissement.
Source : Calendrier de l’Église latine au 2 novembre ; office byzantin des défunts ; synaxaire byzantin du 2 novembre.
Toussaint · saints Côme et Damien, anargyres
L’Évangile du jour · Matthieu 5, 8
Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu !
Le récit
L’Église latine célèbre le 1er novembre la fête de tous les saints, répandue en Occident depuis le neuvième siècle ; c’est un jour férié en Belgique. L’Église byzantine fête tous les saints le dimanche qui suit la Pentecôte. Notre paroisse, qui vit dans un pays latin, prie aujourd’hui avec l’Église du lieu, et fait mémoire en même temps, selon son synaxaire, des saints Côme et Damien, médecins qui soignaient sans demander de salaire.
La leçon
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu : voilà ce qui unit tous les saints, les connus comme les inconnus. La plupart n’ont pas de vie écrite ni de jour au calendrier ; ils ont vécu leur fidélité dans une maison, un métier ou une maladie. La sainteté n’est pas le privilège de quelques-uns, elle est l’appel de tout baptisé, et les saints les plus proches de nous sont peut-être ceux que nous avons connus par leur nom.
Ô Christ, par l’intercession de tous tes saints, purifie nos cœurs pour que nous te voyions.
Source : Calendrier de l’Église latine au 1er novembre ; synaxaire byzantin du 1er novembre pour les saints Côme et Damien.
Saint Épimaque, martyr ; mémoire de saints des soixante-dix disciples
L’Évangile du jour · Luc 10, 16
Celui qui vous écoute m’écoute, et celui qui vous rejette me rejette ; et celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé.
Le récit
Épimaque vivait en Égypte et vint à Alexandrie pendant une persécution du troisième siècle, au moment où les chrétiens de la ville étaient recherchés. Il se déclara lui-même et fut mis à mort. L’Église commémore ce jour-là, avec lui, plusieurs des soixante-dix disciples envoyés par le Seigneur, dont les noms nous sont parvenus sans récit détaillé.
La leçon
La parole du Christ nous arrive par des envoyés, et il dit que les écouter c’est l’écouter lui-même. Épimaque s’est avancé de lui-même, et les soixante-dix ne nous ont laissé que des noms, mais ce qu’ils portaient nous est parvenu. Ce verset interroge donc d’abord notre écoute : comment accueillons-nous celui qui nous enseigne la foi ?
Seigneur, fais de nous des témoins sans nom, mais fidèles à ta parole.
Source : Synaxaire byzantin du 31 octobre ; passion de saint Épimaque à Alexandrie ; mémoire des saints des soixante-dix disciples.
Saints Zénobe et Zénobie, frère et sœur
L’Évangile du jour · Jean 11, 25
Jésus lui dit : Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ;
Le récit
Zénobe était évêque d’Égée en Cilicie, et sa sœur Zénobie vivait avec lui. Ils avaient reçu un héritage de leurs parents et l’avaient employé à soigner et à nourrir les pauvres de la région. Lors de la persécution du début du quatrième siècle, Zénobie ne voulut pas laisser son frère seul devant le juge, et ils furent mis à mort ensemble.
La leçon
Le Christ s’applique à lui-même le mot résurrection, et il ajoute que celui qui croit en lui vivra même s’il meurt. Le frère et la sœur ont vécu en gens qui ne craignent pas la mort, parce qu’une vie qui ne finit pas change l’usage que l’on fait de ses biens. Croire cela allège par avance tout ce que nous redoutons de perdre.
Ô Christ, résurrection et vie, rends-nous à nos frères avant le jour de l’épreuve.
Source : Synaxaire byzantin du 30 octobre ; passion des saints Zénobe et Zénobie d’Égée en Cilicie.
Sainte Anastasie la Romaine, moniale et martyre
L’Évangile du jour · Matthieu 19, 29
Et quiconque aura quitté, à cause de mon nom, ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, ou ses maisons, recevra le centuple, et héritera la vie éternelle.
Le récit
Anastasie perdit ses parents très jeune et fut élevée près de Rome dans une petite communauté de femmes consacrées, sous la conduite d’une ancienne. Elle y reçut une maison et des sœurs à la place de la famille qu’elle avait perdue. Arrêtée pendant une persécution du troisième siècle, elle fut mise à mort sans renier sa consécration.
La leçon
Le Seigneur promet à qui a quitté maison et parenté de recevoir bien davantage ; Anastasie l’a reçu avant de mourir, sous la forme de sœurs qui l’ont élevée. Une paroisse est faite pour être cette maison, pour les veuves, les étudiants, les nouveaux arrivés. Inviter quelqu’un à notre table après la Divine Liturgie est une façon de tenir cette promesse.
Seigneur, fais de notre paroisse une maison pour ceux qui n’en ont plus.
Source : Synaxaire byzantin du 29 octobre ; passion de sainte Anastasie la Romaine.
Sainte Parascève d’Iconium, martyre
L’Évangile du jour · Matthieu 25, 40
Et le roi leur répondra : Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites.
Le récit
Parascève naquit à Iconium de parents chrétiens, et son nom veut dire Vendredi, le jour de la Passion, parce qu’elle était née ce jour-là. Devenue orpheline, elle distribua ce que ses parents lui avaient laissé et vécut parmi les pauvres de la ville. La tradition la fait arrêter au deuxième siècle et mise à mort pour sa foi.
La leçon
Le Christ dit que ce qui est fait au plus petit lui est fait à lui : il n’y a donc pas de charité anonyme. Parascève a porté le nom du Vendredi et a vécu auprès de ceux que personne ne regardait. Cette semaine, prenons le temps d’une visite, et pas seulement d’un don envoyé de loin.
Seigneur, fais-nous reconnaître ton visage chez celui que nous servons.
Source : Synaxaire byzantin du 28 octobre ; passion de sainte Parascève d’Iconium.
Saint Nestor, martyr
L’Évangile du jour · Luc 9, 24
Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la sauvera.
Le récit
Nestor était un jeune chrétien de Thessalonique, instruit par Démétrius alors emprisonné. Il se présenta aux jeux de la ville, où un combattant renommé tuait ses adversaires devant la foule, et il le vainquit. Interrogé, il dit d’où lui venait sa force, et il fut exécuté le lendemain de la mort de son maître.
La leçon
Celui qui veut sauver sa vie la perdra : Nestor n’a pas calculé sa sécurité, il a mis fin à un spectacle de mort. Il était jeune, et c’est un homme plus âgé qui lui avait donné de quoi tenir. Dans nos familles, ce que nous disons aux jeunes de notre foi leur servira le jour où nous ne serons pas là.
Ô Christ, tiens debout les jeunes de notre paroisse, et donne-nous des paroles qui les accompagnent.
Source : Synaxaire byzantin du 27 octobre ; tradition thessalonicienne liée à saint Démétrius.
Saint Démétrius de Thessalonique, grand martyr
L’Évangile du jour · Jean 15, 20
Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre.
Le récit
Démétrius souffrit à Thessalonique au début du quatrième siècle, pendant la persécution de Dioclétien. Sa ville le tint pour son protecteur, et une grande basilique s’éleva sur son tombeau. On l’appelle myroblyte à cause du parfum que la tradition dit avoir coulé de ses reliques ; l’Église le célèbre surtout comme un témoin qui n’a pas cherché à être épargné.
La leçon
Le Seigneur avertit ses disciples que le serviteur ne sera pas traité mieux que le maître. Démétrius était un homme en vue dans sa ville, et cela ne l’a pas protégé. Quand notre foi nous attire une moquerie au travail ou à l’école, nous ne subissons pas une anomalie : nous sommes à notre place derrière lui.
Seigneur, donne-nous de supporter sans amertume le mépris que ton nom attire.
Source : Synaxaire byzantin du 26 octobre ; passion de saint Démétrius de Thessalonique.
Saints Marcien et Martyrius, notaires
L’Évangile du jour · Luc 12, 11-12
Quand on vous mènera devant les synagogues, les magistrats et les autorités, ne vous inquiétez pas de la manière dont vous vous défendrez ni de ce que vous direz ; car le Saint-Esprit vous enseignera à l’heure même ce qu’il faudra dire.
Le récit
Marcien et Martyrius servaient comme notaires de l’Église de Constantinople au quatrième siècle, l’un lecteur et l’autre sous-diacre. Leur travail était d’écrire et de conserver les actes et la correspondance de l’évêque, dans une ville divisée par la querelle arienne. Ils refusèrent de modifier ce qu’ils avaient à transmettre, et ils furent mis à mort pour cela.
La leçon
Le Seigneur promet que l’Esprit nous enseignera quoi dire à l’heure où l’on nous interroge, et il ne promet pas de nous épargner la question. Marcien et Martyrius n’ont eu qu’un mot à dire : ce document restera tel qu’il est. Il y a des heures où toute la foi d’un homme tient dans un refus de retoucher une phrase.
Esprit de vérité, enseigne-nous nos mots à l’heure où il faudra répondre.
Source : Synaxaire byzantin du 25 octobre ; passion des saints notaires de Constantinople.
Saint Aréthas et ses compagnons, martyrs de Najran
L’Évangile du jour · Jean 12, 24
En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.
Le récit
Vers 523, la ville de Najran, en Arabie du Sud, fut prise après un siège, et sa communauté chrétienne fut mise à mort. Aréthas, un notable âgé de la ville, fut tué avec un grand nombre d’hommes et de femmes. Le souvenir de ces martyrs arabes est resté vivant en Orient, et il rappelle que la foi a été portée dans la péninsule bien avant nos siècles.
La leçon
Le grain qui tombe en terre et meurt porte du fruit, et une Église effacée en un lieu reparaît ailleurs. Nous sommes, à Bruxelles, les descendants de communautés d’Orient qui ont beaucoup perdu. Garder la langue, les chants et la mémoire de nos pères n’est pas de la nostalgie : c’est du grain mis en terre pour nos enfants.
Ô Christ, souviens-toi des Églises d’Orient, et donne à nos enfants de garder ce qu’elles nous ont remis.
Source : Synaxaire byzantin du 24 octobre ; martyre des chrétiens de Najran, vers 523.
Saint Jacques, frère du Seigneur, premier évêque de Jérusalem
L’Évangile du jour · Matthieu 7, 24
C’est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc.
Le récit
Jacques présida l’Église de Jérusalem dans les premières décennies de l’Église, et c’est lui qui conclut l’assemblée où l’on décida de ne pas charger les païens convertis de fardeaux inutiles. L’épître qui porte son nom insiste sur une foi qui se voit dans les actes. Il mourut martyr à Jérusalem vers l’an 62, et la Divine Liturgie qui porte son nom est encore célébrée en Orient.
La leçon
Le Christ compare celui qui met sa parole en pratique à un homme qui bâtit sur le roc. Jacques a passé sa vie à répéter la même chose, dans ses décisions comme dans sa lettre. La maison bâtie sur le roc ne se distingue qu’au jour de la pluie, dans les petites obéissances de la semaine.
Seigneur, que ta parole devienne en nous des actes, et nos actes une maison solide.
Source : Synaxaire byzantin du 23 octobre ; Actes 15 ; épître de saint Jacques.
Saint Abercius de Hiérapolis, égal aux apôtres
L’Évangile du jour · Jean 10, 11
Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis.
Le récit
Abercius fut évêque de Hiérapolis en Phrygie au deuxième siècle. Une inscription de pierre portant son nom, retrouvée dans la région, dit qu’il voyagea jusqu’à Rome et jusqu’au-delà de l’Euphrate, et qu’il trouva partout le même peuple et la même nourriture de foi. Ses déplacements étaient ceux d’un pasteur qui va chercher ses brebis là où elles sont.
La leçon
Le bon pasteur ne garde pas le troupeau de loin : il marche. Un évêque du deuxième siècle a traversé l’Orient pour visiter des communautés dispersées, comme la nôtre est dispersée à travers Bruxelles. Appeler quelqu’un que l’on n’a pas vu à l’église depuis des mois est une manière concrète d’imiter cette marche.
Bon Pasteur, conduis-nous vers ceux de notre paroisse qui se sont éloignés.
Source : Synaxaire byzantin du 22 octobre ; inscription d’Abercius de Hiérapolis, deuxième siècle.
Saint Hilarion le Grand
L’Évangile du jour · Matthieu 19, 21
Jésus lui dit : Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi.
Le récit
Né près de Gaza vers 291, Hilarion fut envoyé étudier à Alexandrie, où il reçut le baptême. Il alla voir saint Antoine au désert d’Égypte, puis revint dans son pays, vendit l’héritage de ses parents et s’installa dans la solitude près de Gaza. Des disciples le rejoignirent, et les débuts du monachisme de Palestine sont liés à lui.
La leçon
Le conseil donné au jeune homme riche n’a pas été adouci pour Hilarion : il a d’abord quitté ce qu’il possédait, et seulement ensuite il a trouvé quoi faire de sa vie. Peu d’entre nous vendront tout, mais chacun peut nommer une chose qui le tient, et la nommer est déjà commencer à s’en détacher.
Seigneur, détache nos mains de ce que nous gardons sans en avoir besoin.
Source : Synaxaire byzantin du 21 octobre ; Vie d’Hilarion par saint Jérôme.
Saint Artème, grand martyr
L’Évangile du jour · Matthieu 16, 26
Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme ? ou, que donnerait un homme en échange de son âme ?
Le récit
Artème occupait une haute charge militaire dans l’Égypte du quatrième siècle, sous l’empereur Constance II. Quand Julien revint au culte des anciens dieux, Artème ne cacha pas sa foi et perdit son rang, puis sa vie, vers 362. Ses actes conservent le souvenir d’un interrogatoire mené par l’empereur lui-même, où il refusa de sauver sa charge au prix d’un reniement.
La leçon
La question de l’Évangile est simple : à quoi sert de gagner le monde si l’on se perd soi-même. Artème avait quelque chose à perdre, et c’est pour cela que son refus a un poids. Nous aussi avons un poste, une réputation, une tranquillité ; savons-nous d’avance ce que nous ne vendrons pas ?
Ô Christ, tu connais le prix de chaque place que nous occupons ; apprends-nous à les tenir sans leur appartenir.
Source : Synaxaire byzantin du 20 octobre ; passion de saint Artème sous Julien, vers 362.
Le saint prophète Joël
L’Évangile du jour · Jean 7, 38
Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Écriture.
Le récit
Joël parla à Juda après un fléau de sauterelles, quand les sauterelles avaient tout dévoré et que les offrandes du temple avaient cessé faute de grain. Il appela le peuple à un jeûne et à une conversion intérieure, et non à des vêtements déchirés. Puis il annonça que Dieu répandrait son Esprit sur toute chair, et saint Pierre citera ces mots le jour de la Pentecôte.
La leçon
L’Esprit n’est pas réservé aux prêtres ni aux savants : il est promis à toute chair, donc aussi aux enfants et aux vieillards de notre assemblée. Celui qui croit porte en lui une source, et une source se reconnaît à ce qu’elle abreuve autour d’elle. À qui notre foi a-t-elle servi ces derniers jours ?
Ô Christ, fais jaillir en nous l’eau vive que tu as promise.
Source : Synaxaire byzantin du 19 octobre ; livre de Joël, chapitres 2 et 3.
Saint Luc, apôtre et évangéliste
L’Évangile du jour · Luc 10, 2
Il leur dit : La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson.
Le récit
Luc était médecin, originaire d’Antioche selon la tradition ancienne, et il accompagna saint Paul dans ses voyages jusqu’à Rome. Il n’avait pas vu le Seigneur : il a recueilli les témoignages de ceux qui avaient vu, puis les a mis en ordre. Son évangile garde les récits que les autres n’ont pas gardés, et il a écrit ensuite les Actes des Apôtres.
La leçon
Luc a servi le travail d’un autre et il a écrit avec soin ce que d’autres avaient vu. La moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux. Dans notre paroisse aussi, la catéchèse, la chorale et la visite aux malades attendent quelqu’un, et ce quelqu’un peut être nous.
Seigneur de la moisson, envoie des ouvriers, et compte-nous parmi eux.
Source : Synaxaire byzantin du 18 octobre ; prologue de l’évangile selon saint Luc.
Le saint prophète Osée
L’Évangile du jour · Matthieu 9, 13
Allez, et apprenez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices. Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs.
Le récit
Osée prophétisa dans le royaume du Nord au huitième siècle avant le Christ, à une époque de prospérité et de culte mêlé. Il reprocha au peuple une religion de gestes : des sacrifices nombreux et une vie sans fidélité. Sa parole la plus retenue est que Dieu veut la miséricorde et non le sacrifice, la connaissance de Dieu plutôt que les holocaustes.
La leçon
Nous pouvons accomplir tout ce qui se voit et manquer ce qui compte. Le Christ a repris cette parole d’Osée pour défendre ceux qu’on jugeait indignes de sa table. La vraie mesure de notre religion se lit dans la manière dont nous traitons celui que la famille a mis de côté.
Seigneur, apprends-nous la miséricorde que tu préfères à nos offrandes.
Source : Synaxaire byzantin du 17 octobre ; livre d’Osée, chapitre 6.
Saint Longin le centurion
L’Évangile du jour · Marc 15, 39
Le centenier, qui était en face de Jésus, voyant qu’il avait expiré de la sorte, dit : Assurément, cet homme était Fils de Dieu.
Le récit
La tradition appelle Longin le centurion qui commandait la garde chargée de l’exécution au Golgotha. Voyant comment le Christ expirait, il déclara devant tous qu’il était Fils de Dieu. La tradition rapporte qu’il quitta ensuite l’armée, retourna en Cappadoce pour y annoncer l’Évangile et y fut mis à mort. Son nom n’apparaît pas dans les Évangiles, qui le désignent seulement comme le centurion.
La leçon
Celui qui a confessé le premier la divinité du Christ ne l’avait pas vu ressuscité, il l’avait vu mourir. La foi peut naître au pire moment, et pas seulement quand tout s’éclaire. Si quelqu’un de nos proches traverse un deuil, allons le voir sans chercher de parole d’explication.
Fils de Dieu, donne-nous de te reconnaître même à l’heure où tout semble perdu.
Source : Synaxaire byzantin du 16 octobre ; Marc 15, 39 ; tradition cappadocienne sur saint Longin.
Saint Lucien, prêtre d’Antioche
L’Évangile du jour · Jean 12, 26
Si quelqu’un me sert, qu’il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, le Père l’honorera.
Le récit
Lucien enseignait à Antioche et consacra sa vie au texte des Écritures, à qui la tradition attribue une révision du texte biblique longtemps utilisée en Orient. Il forma de nombreux disciples et tint école dans la ville. Arrêté sous Maximin, il fut emmené à Nicomédie et mourut en prison vers 312, après un long emprisonnement.
La leçon
Servir le Christ, dit l’Évangile, c’est le suivre là où il est. Lucien l’a suivi d’abord dans le travail patient sur un texte, ensuite dans la prison. Le service de l’Église passe aussi par des tâches sans éclat : offrons deux heures cette semaine à une de celles dont personne ne parle.
Seigneur, que ta parole étudiée devienne en nous une parole vécue.
Source : Synaxaire byzantin du 15 octobre ; notices anciennes sur la révision lucianique et la mort de saint Lucien vers 312.
Sainte Parascève d’Épivate, moniale
L’Évangile du jour · Matthieu 6, 33
Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus.
Le récit
Parascève naquit à Épivate, près de Constantinople, dans une famille aisée. Après la mort de ses parents elle renonça à son héritage, partit en pèlerinage et vécut de longues années près du Jourdain, puis revint mourir dans son village. Ses reliques furent plus tard transférées dans les Balkans, et elle est honorée par les Serbes, les Bulgares et les Roumains.
La leçon
Chercher d’abord le Royaume ne veut pas dire mépriser le nécessaire, mais le mettre à sa place. Parascève a disposé de son héritage une seule fois, et cela a réglé tout le reste de sa vie. Regardons notre budget du mois et fixons une part donnée d’avance, avant qu’il ne reste plus rien.
Seigneur, apprends-nous à chercher ton Royaume avant de compter nos réserves.
Source : Synaxaire byzantin du 14 octobre ; vie de sainte Parascève d’Épivate et translation de ses reliques.
Saints Carpe et Papyle, martyrs de Pergame
L’Évangile du jour · Matthieu 11, 29
Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes.
Le récit
Carpe, évêque, et Papyle, diacre, furent arrêtés à Pergame au deuxième siècle. Leurs actes conservent un interrogatoire bref : à qui lui demandait s’il avait des enfants, Papyle répondit qu’il en avait beaucoup, dans toutes les provinces, parce qu’ils étaient ses enfants selon Dieu. Ils furent condamnés au feu et prièrent en se taisant.
La leçon
Le Christ invite à prendre son joug parce qu’il est doux et son fardeau léger. Carpe et Papyle ont répondu sans élever la voix et sans céder d’un mot, et leur douceur a tenu plus solidement que la colère de leurs juges. Dans la prochaine discussion qui s’échauffe à la maison, le ton baisse toujours avant que la vérité ne se dise.
Seigneur doux et humble de cœur, apprends-nous à répondre sans élever la voix.
Source : Synaxaire byzantin du 13 octobre ; actes des saints Carpe, Papyle et Agathonice.
Saints Tarachus, Probus et Andronic, martyrs de Cilicie
L’Évangile du jour · Luc 12, 8
Je vous le dis, quiconque me confessera devant les hommes, le Fils de l’homme le confessera aussi devant les anges de Dieu ;
Le récit
Les actes de ces trois martyrs comptent parmi les plus anciens conservés en Orient. Ils furent interrogés trois fois par le gouverneur Maxime, dans trois villes de Cilicie, et donnèrent chaque fois la même réponse. Tarachus, ancien soldat, refusa même de décliner le nom que l’État lui reconnaissait, se disant seulement chrétien. Tous trois furent mis à mort à Anazarbe.
La leçon
Le Christ promet de reconnaître devant les anges de Dieu celui qui l’a reconnu devant les hommes. Ces trois hommes n’ont pas été éprouvés une fois mais trois, et la troisième réponse a coûté plus que la première. La fidélité se joue dans la répétition, dans l’engagement déjà pris et devenu lassant.
Seigneur, garde-nous fidèles non seulement au premier jour mais au dernier.
Source : Synaxaire byzantin du 12 octobre ; actes des martyrs Tarachus, Probus et Andronic.
Saint Philippe, l’un des sept diacres
L’Évangile du jour · Marc 16, 15
Puis il leur dit : Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création.
Le récit
Philippe fut l’un des sept hommes établis par les apôtres pour le service de la communauté de Jérusalem. Les Actes le montrent prêchant en Samarie, puis rejoignant sur la route de Gaza un haut fonctionnaire éthiopien qui lisait Isaïe sans le comprendre. Il lui expliqua le passage et le baptisa au bord de l’eau. Il s’établit ensuite à Césarée.
La leçon
L’ordre d’annoncer l’Évangile à toute la création commence par une seule personne rencontrée en chemin. Philippe a d’abord écouté ce que l’autre lisait, puis il a parlé. Quand un collègue nous interroge sur la foi, une phrase vraie pèse plus qu’un discours ; en avons-nous une prête ?
Seigneur, mets sur notre route ceux qui cherchent, et donne-nous les mots simples.
Source : Synaxaire byzantin du 11 octobre ; Actes 6, 5 et Actes 8, 26-40.
Saints Eulampe et Eulampie, martyrs de Nicomédie
L’Évangile du jour · Luc 21, 19
Par votre persévérance vous sauverez vos âmes.
Le récit
Eulampe, jeune chrétien de Nicomédie, fut arrêté sous Dioclétien pour avoir lu publiquement un édit de persécution et l’avoir dénoncé. Sa sœur Eulampie, apprenant son jugement, se présenta d’elle-même au tribunal pour partager son sort. Le synaxaire rapporte qu’ils furent exécutés le même jour, au début du quatrième siècle.
La leçon
Le Christ dit que c’est par la persévérance que nous garderons notre vie. Une sœur a choisi d’entrer dans l’épreuve de son frère au lieu de l’attendre à la sortie. Dans nos familles, quelqu’un traverse en ce moment quelque chose de dur : allons vers lui pendant l’épreuve, pas seulement après.
Seigneur, donne-nous de rester auprès des nôtres au temps de l’épreuve.
Source : Synaxaire byzantin du 10 octobre ; passion des saints Eulampe et Eulampie à Nicomédie.
Saint Jacques fils d’Alphée, apôtre
L’Évangile du jour · Matthieu 9, 9
De là étant allé plus loin, Jésus vit un homme assis au lieu des péages, et qui s’appelait Matthieu. Il lui dit : Suis-moi. Cet homme se leva, et le suivit.
Le récit
Jacques fils d’Alphée figure dans les quatre listes des douze apôtres, et les Évangiles ne rapportent aucune de ses paroles. Il était avec les onze au cénacle après l’Ascension. La tradition le fait prêcher en Judée puis hors de Palestine, et mourir martyr. On le distingue de Jacques frère du Seigneur, premier évêque de Jérusalem.
La leçon
À Matthieu assis au bureau de l’impôt, le Christ n’a dit qu’un mot : suis-moi. Jacques a répondu de la même façon, et sa vie entière tient dans cette obéissance silencieuse. Il nous arrive d’attendre un signe clair : commençons plutôt par la tâche que nous repoussons depuis des semaines.
Seigneur, que ton appel nous trouve prêts là où nous sommes assis.
Source : Synaxaire byzantin du 9 octobre ; listes apostoliques des Évangiles et Actes 1, 13.
Sainte Pélagie d’Antioche, pénitente
L’Évangile du jour · Luc 7, 47
C’est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés ont été pardonnés : car elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui on pardonne peu aime peu.
Le récit
Pélagie était une actrice célèbre et riche d’Antioche. Selon le synaxaire, elle entendit par hasard une homélie de l’évêque Nonnos et demanda le baptême le lendemain. Elle distribua ce qu’elle possédait et partit vivre inconnue, enfermée dans une cellule sur le mont des Oliviers, où elle mourut.
La leçon
L’Évangile dit que beaucoup lui a été remis parce qu’elle a beaucoup aimé. Le pardon se mesure à la vérité du retour, et une vie entière peut tenir dans la décision d’un lendemain. La confession reste ouverte avant chaque Divine Liturgie, et l’obstacle est d’ordinaire le report.
Seigneur, reçois notre retour comme tu as reçu celui de Pélagie.
Source : Synaxaire byzantin du 8 octobre ; vie de sainte Pélagie attribuée au diacre Jacques.
Saints Serge et Bacchus, martyrs
L’Évangile du jour · Jean 15, 15
Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père.
Le récit
Serge et Bacchus étaient officiers dans l’armée romaine et amis de longue date. Reconnus chrétiens, ils furent dégradés publiquement et conduits ensemble au supplice en Syrie, au début du quatrième siècle. Bacchus mourut le premier sous les coups. Le sanctuaire élevé à Resafa sur la tombe de Serge devint l’un des plus fréquentés de l’Orient.
La leçon
Le Christ appelle ses disciples amis parce qu’il leur a tout fait connaître. L’amitié des deux officiers les a tenus debout ensemble jusqu’au bout. Il y a presque toujours un ami laissé de côté, et un appel qui ne demande rien suffit à rouvrir la porte.
Seigneur, toi qui nous appelles tes amis, garde les amitiés qui nous mènent à toi.
Source : Synaxaire byzantin du 7 octobre ; passion des saints Serge et Bacchus ; sanctuaire de Resafa.
Saint Thomas, apôtre
L’Évangile du jour · Jean 20, 29
Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru !
Le récit
Thomas était absent le soir de la Résurrection et refusa le témoignage des autres apôtres. Huit jours plus tard, le Christ revint et lui offrit ses plaies. Thomas répondit par la plus brève confession de l’Évangile : mon Seigneur et mon Dieu. La tradition le fait ensuite prêcher jusqu’en Inde, où les chrétiens de Malabar se rattachent à lui.
La leçon
Le Christ ne reproche pas à Thomas d’avoir voulu voir, il bénit ceux qui croiront sans voir. Notre foi ne repose pas sur des preuves que nous aurions obtenues, mais sur un témoignage reçu et transmis. Racontons à un enfant de la famille comment la foi nous est arrivée, et par qui.
Mon Seigneur et mon Dieu, affermis en nous la foi de ceux qui ne t’ont pas vu.
Source : Synaxaire byzantin du 6 octobre ; Jean 20, 24-29 ; tradition des Églises de l’Inde.
Sainte Charitine, martyre
L’Évangile du jour · Matthieu 10, 28
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne.
Le récit
Charitine était une jeune femme de condition servile, élevée dans une maison chrétienne du Pont. Dénoncée pendant la persécution de Dioclétien, elle fut conduite devant le gouverneur Domitius et refusa de renier le Christ. Le synaxaire rapporte qu’elle mourut sous les tortures, sans avoir rien demandé pour elle-même.
La leçon
Le Christ distingue ce qui peut atteindre le corps et ce qui peut atteindre l’âme. Une servante sans défense a su faire cette distinction mieux que ses juges. Nos craintes portent le plus souvent sur ce qui ne touche que le corps, et elles se dénouent souvent dès qu’on les dit à haute voix, au prêtre ou dans la prière du soir.
Seigneur, garde notre âme quand nous ne pouvons pas garder le reste.
Source : Synaxaire byzantin du 5 octobre ; passion de sainte Charitine sous Dioclétien.
Saint Hiérothée, évêque d’Athènes
L’Évangile du jour · Matthieu 5, 14
Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée ;
Le récit
Hiérothée appartenait lui aussi au conseil d’Athènes et reçut la foi par la prédication de Paul. La tradition le place parmi les disciples de saint Denys et le compte au nombre des premiers évêques de la ville. Son nom est resté dans les listes des évêques d’Athènes, sans récit de sa mort.
La leçon
L’Évangile appelle les disciples lumière du monde, c’est-à-dire lumière pour ceux du dehors. Hiérothée n’a presque pas d’histoire, et pourtant une Église entière lui doit son commencement. Beaucoup de services dans notre paroisse ne laissent aucun nom : acceptons d’en rendre un sans qu’on le sache.
Seigneur, que notre lumière éclaire les autres et non notre propre nom.
Source : Synaxaire byzantin du 4 octobre ; tradition athénienne sur les premiers évêques de la ville.
Saint Denys l’Aréopagite, évêque d’Athènes
L’Évangile du jour · Jean 1, 46
Nathanaël lui dit : Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon ? Philippe lui répondit : Viens, et vois.
Le récit
Denys siégeait au tribunal de l’Aréopage, à Athènes, quand Paul y parla du Dieu inconnu et de la résurrection des morts. La plupart des juges se moquèrent et remirent la suite à plus tard. Denys, lui, crut et fut baptisé. La tradition de l’Église d’Athènes en fait son premier évêque.
La leçon
Nathanaël avait demandé si quelque chose de bon pouvait venir de Nazareth, et la réponse fut : viens et vois. Denys n’a pas discuté la prédication de loin, il s’est approché. Quand une parole de l’Évangile nous paraît étrange, lisons le passage entier avant de la juger.
Seigneur, donne-nous d’approcher de ta parole avant de prétendre la comprendre.
Source : Synaxaire byzantin du 3 octobre ; Actes 17, 34 ; tradition de l’Église d’Athènes.
Saint Cyprien et sainte Justine, martyrs d’Antioche
L’Évangile du jour · Jean 8, 12
Jésus leur parla de nouveau, et dit : Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie.
Le récit
Cyprien était magicien à Antioche, et on le paya pour détourner du Christ une jeune chrétienne, Justine. Ses sortilèges restèrent sans effet devant la prière de la jeune fille. Cyprien brûla ses livres, demanda le baptême et devint plus tard évêque. Tous deux furent mis à mort sous Dioclétien.
La leçon
Celui qui cherchait le pouvoir dans l’obscurité a fini par suivre la lumière. Nous croyons souvent qu’une vie se change par un grand effort, alors qu’elle se change par un changement de direction. Cette semaine, nommons une seule habitude qui nous tient dans l’ombre, et renonçons-y avant dimanche.
Seigneur, lumière du monde, délivre-nous de tout ce que nous gardons dans l’ombre.
Source : Synaxaire byzantin du 2 octobre ; passion de saint Cyprien et de sainte Justine.
Protection de la Mère de Dieu · saint Romain le Mélode
L’Évangile du jour · Luc 1, 46-47
Et Marie dit : Mon âme exalte le Seigneur, Et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur,
Le récit
Romain servait à l’église et n’avait pas de voix pour chanter ; on se moquait de lui. La tradition rapporte qu’après une nuit de prière devant l’icône de la Mère de Dieu, il monta à l’ambon la veille de Noël et chanta un hymne qu’il n’avait pas appris. Il devint le plus grand poète liturgique de l’Église byzantine.
La leçon
Ce que nous croyons être notre incapacité est souvent le lieu exact où Dieu travaille. Romain n’a pas reçu une autre voix : il a reçu quelque chose à dire. Dans la paroisse aussi, la place de chacun se trouve rarement là où il se croit fort.
Mère de Dieu, étends ta protection sur notre paroisse, et donne à chacun sa part dans la louange.
Source : Fête byzantine du 1er octobre ; synaxaire et tradition sur saint Romain le Mélode, sixième siècle.
Saint Grégoire l’Illuminateur d’Arménie
L’Évangile du jour · Matthieu 10, 22
Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom ; mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé.
Le récit
Grégoire fut jeté dans une fosse profonde à Artaxata et y resta, selon la tradition arménienne, treize années, nourri en secret par une femme du lieu. On l’en tira quand le roi tomba malade. Il ne réclama ni compensation ni vengeance : il baptisa le roi, et l’Arménie devint au début du quatrième siècle le premier royaume chrétien.
La leçon
Treize ans dans une fosse, et pas une phrase de rancune à la sortie. Ce n’est pas de l’indifférence : c’est une liberté sur laquelle l’amertume n’a pas eu prise. Ceux qui sortent ainsi de l’épreuve deviennent capables de guérir le pays qui les a blessés.
Seigneur, garde-nous de l’amertume pendant la longue attente, et fais-nous persévérer jusqu’au bout.
Source : Synaxaire byzantin du 30 septembre ; tradition arménienne sur saint Grégoire l’Illuminateur.
Saint Cyriaque l’Ermite
L’Évangile du jour · Luc 10, 42
Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée.
Le récit
Cyriaque vécut près d’un siècle dans les déserts de Palestine, au cinquième et au sixième siècle. On venait le consulter de loin. Il ne donnait pas de longues réponses : il ramenait chacun à une seule chose, la prière persévérante et la paix avec son prochain. Le reste, disait-il, se règle tout seul.
La leçon
Nos journées sont pleines de choses nécessaires, et c’est justement ce qui nous épuise. Une seule est vraiment nécessaire, et elle tient peu de place : s’asseoir et écouter. Tout ce que nous plaçons avant elle nous fatigue sans nous nourrir.
Seigneur, donne-nous chaque jour un moment où nous ne faisons rien d’autre que t’écouter.
Source : Synaxaire byzantin du 29 septembre ; vie de saint Cyriaque, moine de Palestine.
Saint Chariton le Confesseur
L’Évangile du jour · Matthieu 5, 10
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux !
Le récit
Chariton avait déjà souffert la prison pour la foi quand, sur la route de Jérusalem, des brigands l’enlevèrent et l’enfermèrent dans leur grotte. Libéré, il ne demanda pas vengeance : il resta dans cette grotte même et en fit un monastère, la laure de Pharan, une des premières de Palestine.
La leçon
Il n’a pas effacé le lieu de son malheur : il l’a habité autrement. Beaucoup de nos blessures restent des grottes fermées. La guérison chrétienne ne consiste pas toujours à partir, mais parfois à transformer l’endroit même où l’on nous a fait du mal.
Seigneur, transforme en lieux de paix les endroits où nous avons souffert.
Source : Synaxaire byzantin du 28 septembre ; vie de saint Chariton et fondation de la laure de Pharan.
Saint Callistrate et ses compagnons
L’Évangile du jour · Matthieu 5, 16
Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux.
Le récit
Callistrate était soldat. Ses camarades le surprirent en prière la nuit et le dénoncèrent. Ce ne sont pas ses paroles qui les frappèrent, mais sa fermeté sous les coups : plusieurs soldats de sa cohorte demanda le baptême et subit le même sort que lui.
La leçon
On convainc rarement par des arguments ceux qui nous voient chaque jour. Ils regardent comment nous tenons quand c’est dur, comment nous parlons de ceux qui nous ont nui. Notre témoignage ne commence pas quand nous expliquons la foi, mais bien avant.
Seigneur, que ceux qui vivent près de nous voient le bien et rendent gloire au Père.
Source : Synaxaire byzantin du 27 septembre ; passion de saint Callistrate.
Dormition de saint Jean le Théologien
L’Évangile du jour · Jean 13, 34
Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres.
Le récit
Saint Jérôme rapporte que l’apôtre Jean, devenu très vieux à Éphèse, ne pouvait plus faire de longs discours. On le portait à l’assemblée, et il répétait la même phrase : « Petits enfants, aimez-vous les uns les autres. » Comme on s’en lassait, on lui demanda pourquoi il ne disait que cela. Il répondit : parce que c’est le commandement du Seigneur, et s’il est accompli, il suffit.
La leçon
Nous cherchons toujours un enseignement nouveau, alors que le plus ancien n’est pas encore pratiqué. La vieillesse de Jean nous débarrasse de l’illusion : la foi ne se mesure pas à ce que nous savons dire, mais à ce que nous faisons de la seule chose que nous savons déjà.
Seigneur, ne nous laisse pas admirer ton commandement sans le vivre.
Source : Saint Jérôme, Commentaire sur l’épître aux Galates ; synaxaire byzantin du 26 septembre.
Sainte Euphrosyne d’Alexandrie
L’Évangile du jour · Matthieu 6, 6
Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.
Le récit
Fille unique d’un homme riche d’Alexandrie, Euphrosyne quitta la maison pour vivre inconnue dans un monastère, sans nom ni rang. Son père la chercha des années et vint plusieurs fois demander conseil au monastère, sans reconnaître sa propre fille. Elle ne se fit connaître qu’à la fin de sa vie.
La leçon
Une bonne part de notre piété cherche des témoins. Euphrosyne a fait le contraire : elle a caché même ce qui aurait pu la rendre admirable. Ce que nous faisons dans le secret est souvent la seule part de notre vie que personne ne peut abîmer.
Père qui vois dans le secret, garde-nous de faire le bien pour être vus.
Source : Synaxaire byzantin du 25 septembre ; vie de sainte Euphrosyne d’Alexandrie.
Sainte Thècle, protomartyre et égale aux apôtres
L’Évangile du jour · Luc 8, 15
Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole avec un cœur honnête et bon, la retiennent, et portent du fruit avec persévérance.
Le récit
La tradition d’Antioche raconte que Thècle, jeune fille d’Iconium, entendit l’apôtre Paul prêcher depuis une fenêtre voisine, et resta trois jours à écouter sans manger. Elle quitta ensuite la vie tranquille qu’on lui préparait, et souffrit pour la foi. On l’appelle protomartyre parmi les femmes.
La leçon
Écouter vraiment change une vie ; écouter distraitement ne change rien. Nous entendons l’Évangile chaque dimanche, et nous sortons souvent inchangés. La différence n’est pas dans la prédication, mais dans le cœur qui garde la parole au lieu de la laisser passer.
Seigneur, donne-nous un cœur qui garde ta parole et porte du fruit dans la patience.
Source : Synaxaire byzantin du 24 septembre ; tradition antiochienne de sainte Thècle d’Iconium.
Conception de saint Jean Baptiste
L’Évangile du jour · Luc 1, 13
Mais l’ange lui dit : Ne crains point, Zacharie ; car ta prière a été exaucée. Ta femme Élisabeth t’enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean.
Le récit
Zacharie servait au temple, vieux et sans enfant, quand l’ange lui annonça un fils. Il demanda une preuve, et resta muet jusqu’à la naissance. Élisabeth se tint cachée cinq mois. Le silence de l’un et la discrétion de l’autre entourèrent la venue de celui qui allait crier dans le désert.
La leçon
Dieu répond souvent longtemps après la prière, quand nous avons cessé de compter les années. Le silence de Zacharie n’était pas une punition stérile : il lui a appris à écouter avant de parler. Les attentes les plus longues ne sont pas toujours les plus vides.
Seigneur, donne-nous d’attendre sans nous durcir, et d’écouter avant de demander des preuves.
Source : Fête byzantine du 23 septembre ; récit de Luc 1.
Saint Phocas le jardinier, martyr de Sinope
L’Évangile du jour · Matthieu 5, 44
Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent,
Le récit
Phocas cultivait un jardin près de la mer Noire et nourrissait les voyageurs. Des soldats vinrent un soir, envoyés pour tuer un chrétien de ce nom ; ils ne le connaissaient pas. Il les logea et les nourrit, puis passa la nuit à creuser sa propre tombe. Au matin il leur dit : « L’homme que vous cherchez, c’est moi. »
La leçon
Aimer ses ennemis n’est pas une phrase : c’est une porte ouverte, un pain partagé, un accueil qui ne demande pas d’abord qui tu es. Phocas n’a pas fui et n’a pas menti. Nos ennemis sont rarement des soldats ; ce sont souvent des voisins, des proches, des gens de la même paroisse.
Seigneur, apprends-nous à ouvrir notre porte avant de demander un nom, et à bénir ceux qui nous font du mal.
Source : Synaxaire byzantin du 22 septembre ; passion de saint Phocas de Sinope.
Clôture de la fête de la Croix
L’Évangile du jour · Jean 12, 32
Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi.
Le récit
La tradition rapporte que sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin, chercha à Jérusalem le bois de la Croix vers l’an 326. Quand on l’éleva devant la foule, le peuple ne trouva pas d’autre mot que de répéter sans fin : « Seigneur, prends pitié. » Ce geste est à l’origine du rite de l’élévation de la croix, où la croix n’est pas montrée comme un trophée, mais élevée pour que tous la voient.
La leçon
La croix n’est pas élevée pour dominer quelqu’un, mais pour attirer tout le monde. Chaque fois que nous en faisons un signe de force contre autrui, nous la renversons. Elle reste debout quand elle nous rend plus doux, plus patients, plus capables de porter le poids des autres.
Seigneur élevé sur la croix, attire nos cœurs à toi, et garde-nous de faire de ton signe une arme.
Source : Tradition de l’invention de la Croix par sainte Hélène, vers 326 ; synaxaire byzantin du 21 septembre, clôture de la fête.
Dimanche après l’Exaltation de la Croix
L’Évangile du jour · Marc 8, 34
Puis, ayant appelé la foule avec ses disciples, il leur dit : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.
Le récit
En 404, saint Jean Chrysostome fut exilé de Constantinople pour ne pas s’être tu devant l’injustice des puissants. On le fit marcher sur des routes dures vers l’Arménie, puis on ordonna de le conduire plus loin encore. Son corps ne supporta pas la route : il mourut à Comane le 14 septembre 407, le jour même de la Croix. Ses derniers mots furent : « Gloire à Dieu en toutes choses. »
La leçon
Porter sa croix n’est pas chercher la douleur, mais refuser d’abandonner la vérité quand elle coûte. Chrysostome n’a pas fait l’éloge de sa croix : il a rendu gloire à Dieu sous elle. Il ne nous est pas demandé de choisir l’épreuve, mais d’y rester fidèles et d’y trouver la compagnie du Christ, et non son absence.
Ô Christ, donne-nous de porter avec patience la croix de notre jour, et de dire avec toi en toutes choses : gloire à Dieu.
Source : Vie de saint Jean Chrysostome ; son exil et sa mort à Comane en 407.
Saints Trophime, Sabbatius et Dorymédon, martyrs
L’Évangile du jour · Jean 16, 33
Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde.
Le récit
Trophime et Sabbatius furent arrêtés à Antioche de Pisidie à la fin du troisième siècle. Dorymédon, membre du conseil de la ville, aurait pu se taire ; il prit soin d’eux publiquement et subit leur sort. Trois hommes de conditions différentes, une même confession.
La leçon
Le plus coûteux n’est pas toujours de souffrir, mais de ne pas se détourner de celui qui souffre. Dorymédon avait une place à perdre, et il l’a perdue. Nous connaissons tous quelqu’un dont il serait plus commode, en ce moment, de s’éloigner.
Seigneur, donne-nous le courage de rester auprès de ceux qu’on abandonne.
Source : Synaxaire byzantin du 19 septembre ; passion des saints Trophime, Sabbatius et Dorymédon à Antioche de Pisidie. Deux d’entre eux furent conduits à Synnada et y souffrirent.
Saint Eumène, évêque de Gortyne
L’Évangile du jour · Luc 6, 38
Donnez, et il vous sera donné : on versera dans votre sein une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde ; car on vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis.
Le récit
Eumène fut évêque en Crète. La tradition dit qu’il donnait tout ce qu’il recevait, au point de ne rien garder pour lui-même, et qu’il mourut en Thébaïde, alors qu’il était en voyage loin de son île.
La leçon
Donner ce qui reste est facile ; donner ce dont on aurait besoin est autre chose. L’Évangile ne demande pas de calculs exacts, mais une main qui ne se referme pas. Dans une paroisse, cela se voit vite : qui accueille, qui aide, qui donne sans qu’on le sache.
Seigneur, ouvre nos mains avant que nous ayons fini de compter.
Source : Synaxaire byzantin du 18 septembre ; vie de saint Eumène de Gortyne.
Sainte Sophie et ses filles Foi, Espérance et Charité
L’Évangile du jour · Jean 15, 13
Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.
Le récit
La tradition raconte qu’à Rome, au deuxième siècle, une veuve nommée Sophie éleva trois filles qui portaient les noms des trois vertus. Toutes trois souffrirent pour la foi sous les yeux de leur mère, qui les encouragea sans chercher à les détourner, puis mourut quelques jours après auprès de leur tombe.
La leçon
Une mère qui donne à ses enfants une foi qu’elle ne vit pas leur donne peu. Sophie avait nourri ses filles de ce qu’elle croyait, et elles ont tenu. Ce que nous transmettons vraiment n’est pas ce que nous disons à table, mais ce que nos enfants nous voient garder quand c’est difficile.
Seigneur, donne aux parents de notre paroisse de transmettre ce qu’ils vivent.
Source : Synaxaire byzantin du 17 septembre ; tradition romaine de sainte Sophie et de ses filles.
Sainte Euphémie, grande martyre de Chalcédoine
L’Évangile du jour · Jean 8, 31-32
Et il dit aux Juifs qui avaient cru en lui : Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira.
Le récit
Euphémie souffrit à Chalcédoine au début du quatrième siècle. Plus tard, en 451, c’est dans l’église qui portait son nom que se tint le concile où l’Église confessa le Christ vrai Dieu et vrai homme. Son souvenir est donc lié à une longue recherche de la vérité, bien après sa mort.
La leçon
La vérité ne se défend pas en criant plus fort. Elle se cherche patiemment, se formule avec soin, et elle libère au lieu d’humilier. Dans nos disputes de famille ou de paroisse, la question n’est pas qui a gagné, mais qui est resté dans la parole du Christ.
Seigneur, garde-nous dans ta parole, et que la vérité nous rende libres et non durs.
Source : Synaxaire byzantin du 16 septembre ; concile de Chalcédoine tenu en 451 dans l’église Sainte-Euphémie.
Saint Nicétas le Goth, martyr
L’Évangile du jour · Matthieu 10, 32
C’est pourquoi, quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux ;
Le récit
Nicétas appartenait au peuple goth, au quatrième siècle, dans une région où la foi chrétienne était combattue par les siens. Il n’a pas quitté son peuple et n’a pas caché sa foi. Il fut brûlé vers 372, et la tradition dit que des chrétiens recueillirent son corps de nuit.
La leçon
Il est plus facile de confesser sa foi loin des siens que devant eux. Beaucoup d’entre nous parlent de l’Église dehors et se taisent à la maison, ou l’inverse. La confession dont parle l’Évangile est celle qui a un prix là où nous vivons.
Seigneur, donne-nous de te confesser là où cela coûte, sans dureté envers les nôtres.
Source : Synaxaire byzantin du 15 septembre ; passion de saint Nicétas le Goth.
Exaltation de la Croix précieuse et vivifiante
L’Évangile du jour · Jean 3, 14-15
Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle.
Le récit
La tradition raconte qu’en 630, l’empereur Héraclius rapporta à Jérusalem le bois de la Croix repris aux Perses. Il voulut entrer par la porte de la ville en habit impérial, et il ne put avancer. Il déposa la couronne et le manteau, et entra pieds nus, portant lui-même le bois.
La leçon
Le bois de la Croix n’a pas besoin d’escorte impériale. Ce qui est humble ne se porte pas avec faste, et ce qui a sauvé le monde ne se transporte pas comme un butin. Devant la Croix, les titres ne servent à rien : on avance dépouillé, ou l’on n’avance pas.
Seigneur, apprends-nous à déposer ce dont nous sommes fiers avant d’approcher de ta Croix.
Source : Grande fête byzantine du 14 septembre ; tradition du retour de la Croix par Héraclius en 630.
Dédicace de l’église de la Résurrection · saint Corneille le centurion
L’Évangile du jour · Jean 2, 19
Jésus leur répondit : Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai.
Le récit
En 335, l’église bâtie à Jérusalem sur le tombeau du Christ fut consacrée, et le lendemain on éleva la Croix devant le peuple. C’est pourquoi les deux fêtes se suivent dans le calendrier byzantin : d’abord la maison de la Résurrection, ensuite le bois de la Croix.
La leçon
Une église n’est pas sainte par ses pierres, mais par ce qui s’y accomplit. Le Christ a appelé son corps un temple, et c’est dans ce temple que nous entrons chaque dimanche. Prendre soin de notre église est bien ; y venir assez souvent pour qu’elle reste une assemblée vivante est meilleur.
Seigneur, fais de notre église une maison vivante, et de nos cœurs ton temple.
Source : Synaxaire byzantin du 13 septembre ; dédicace de l’église de la Résurrection (Saint-Sépulcre) en 335.